Humanae vitae (HV) : Qu’est-ce qui a mal tourné en 50 ans ? Comment créer un nouveau départ ?

Synopsis
Ces propos tentent de trouver les raisons (A) pour lesquelles les catholiques rejettent les bases de HV quand il s’agit de pratiquer et propager la « contraception naturelle » (en termes de HV : une pratique pour différer une nouvelle grossesse). (B) Nous proposerons des solutions concrètes pour dépasser ces difficultés, pour mettre en place une « paternité responsable » et pour implémenter la meilleure régulation naturelle des naissances, la symptothermie, à une échelle mondiale, démarche interpellant et les catholiques et les personnes d’autres religions ainsi que la population laïque ou athée qui est sensible à l’écologie.
Brève analyse du passé et du présent
Au cours des dix dernières années, plusieurs scandales de pédophilie ont été rapportés au sujet des prêtres. La doctrine de l’abstinence de l’Église et l’exemplarité des membres du clergé en matière sexuelle furent fortement ébranlées et discréditées. A l’heure actuelle, HV devrait être considérée dans le contexte plus large des perturbations sexuelles telles que la pornographie, problème à peine effleuré dans HV. – Les aspects fort positifs de HV en relation avec le désir d’enfant, la conception, restent inchangés et, pour cette raison, ne seront pas développés dans cet article.
(A) Lorsque la HV est sortie en été 1968, les événements de Mai 68 venaient tout juste de les précéder et la pilule contraceptive ainsi que les lois sur l’avortement allaient s’ériger en nouvel acquis de la société française et européenne, faits devenus emblématiques pour exprimer la « nouvelle liberté sexuelle » parmi de larges couches de la population. Le droit à l’avortement s’était mis au premier plan bousculant ainsi la prévention à l’avortement ! Cette attitude est aussi délétère que l’inverse que l’on rencontre dans certains milieux chrétiens: j’en veux à ces appels tenant à interdire les lois sur l’avortement mais qui ne proposent pas de mesures solides en matière de prévention à l’avortement et qui ne favorisent pas un apprentissage sérieux de la connaissance du cycle féminin, notamment celui de la symptothermie, la meilleure méthode : de tels appels ne reflètent pas la miséricorde ; ils ne font pas justice non plus à la complexité sociale ! La force préventive des connaissances symptothermiques n’a jamais été vraiment développée et testée par l’Église, que ce soit pour rendre les femmes plus autonomes du système médical ou pour persuader les adolescentes à repousser les contacts sexuels en les initiant en même temps à une alternative naturelle saine à la contraception hormonale. L’on ne peut pas raisonnablement prêcher contre l’avortement sans transmette une symptothermie efficace ; on ne peut pas proposer et encore moins imposer des règles sans les outils viables permettant d’intégrer ces règles !
Avant Mai 68, les échecs liés aux « méthodes naturelles » de mouvance catholique avaient forgé une image désastreuse pour l’Église. Ce traumatisme plombe toujours les instances religieuses quand je les confronte avec cette problématique. De même, la presse catholique n’a, pour l’heure, aucune envie de traiter ce sujet. En conséquence, la grande majorité des couples catholiques avaient abandonné la méthode aléatoire du calendrier (Ogino), la vielle et fastidieuse méthode des températures ou la non moins fastidieuse et aléatoire méthode Billings. Ils ont préféré continuer leur vie sexuelle moyennant des préservatifs et les contraceptions hormonales à la mode. C’est là où nous en sommes toujours. Est arrivé le contraire de ce que HV a encouragé, à savoir améliorer les « méthodes naturelles » et les faire connaître. Pire, les catholiques pratiquants ne sont même pas informés sur l’existence de la Symptothermie. L’ignorance, renforcée par une désinformation générale distillée par la société laïque, représente le défi le plus difficile aujourd’hui, chez les catholiques et les non-catholiques. Il est maladroit de dire aux femmes – avec ou sans pilule – qu’elles ignorent les bases de leur cycle, message pourtant vrai, si seulement il les rendait plus curieuses pour choisir une alternative naturelle et plus critiques à l’égard du système médical. Un certain féminisme dogmatique et la contraception ont aliéné les femmes de leur corps et les idéologies des études genre, qui dominent la scène intellectuelle féminine, contribuent à augmenter cette aliénation !
HV contient aussi un vibrant appel aux chercheurs leur demandant une amélioration de « ces méthodes ». Qu’est-ce qui a été fait depuis ? En même temps que la rébellion estudiantine à Paris prenait son essor, la première méthode symptothermique de Rötzer, la toute première « méthode naturelle » vraiment efficace, était pourtant disponible. Mais l’Église ne l’a jamais popularisée. Pourquoi ? Au lieu de peaufiner cette méthode dans un bureau pontifical central, Rome a préféré laisser les associations catholiques à travers le monde créer leur propre « méthode naturelle », certaines organisations non confessionnelles s’y étant aussi mises. Il en résultait la cacophonie des « méthodes naturelles » actuelles dont se moquent les associations gynécologiques du monde entier. Fait aggravant : la plupart des méthodes catholiques rivalisaient entre elles pour être bien en vue au Vatican, comme les Billings et les groupes « dissidents » Billings, la Couple to Couple League Association, le CLER français, etc. Plus tard le sensiplan allemand, basé sur Rötzer, a rajouté une couche dans la cannibalisation des méthodes. Comme toutes ces écoles étaient et sont toujours imbues de et inflexibles quant à leur propre méthodologie, mais peu soucieuses par les exigences de conquérir un large public et de tenir compte des technologies actuelles, réticentes aussi à faire entre elles des comparaisons honnêtes – étant donné ces facteurs, l’amélioration et la diffusion d’une méthode symptothermique unifiée et appropriée ne pouvaient se faire. Ce serait pourtant possible avec un peu de bonne volonté.
Le Conseil Pontifical de la Famille n’a jamais jugé nécessaire de développer un savoir-faire symptothermique au cours des 50 dernières années. Pour compenser cette inaction, les membres de ce Conseil tendait à accepter toutes les méthodes catholiques (qui se regardent toujours en chien de faïence) pour autant qu’elles étaient enseignées dans l’esprit de la théologie de l’abstinence et annotées par des citations HV appropriées. L’une des raisons profondes qui a dû empêcher leur promotion est celle-ci: au lieu de centraliser les connaissances symptothermiques et d’améliorer substantiellement ce type de méthode et de suivre ainsi les encouragements de HV ; au lieu de la faire connaître non seulement aux catholiques mais à tous les chrétiens en général et aussi aux personnes d’autres religions, sans oublier surtout les grandes populations laïques soucieuses de l’écologie et du développement durable ; au lieu donc de mettre en œuvre ces stratégies (pour ne nommer que celles-ci), les différentes écoles, trop imbues de leurs méthodes pourtant défaillantes ont limité leurs efforts de communication à quelques initiés et se sont transformées en quasi sectes. Elles ont totalement négligé le monde. Chez les catholiques en général, vous ne trouverez toujours pas de tracts pour les livres symptothermiques et même pas des dépliants dans les rayons à l’entrée des églises ! Tant que les écoles catholiques dispensant des « méthodes naturelles » mélangent les processus biologiques du cycle féminin avec des considérations d’ordre théologique et éthiques, les non-catholiques rejetteront la méthode et la symptothermie restera le meilleur secret gardé au monde. C’est la catastrophe qui s’est abattue et propagée au cours des 50 dernières années. Dans ces circonstances, comment la HV peut-elle « apporter des bénédictions sur le monde et sur l’Église » à l’avenir ?
Le cycle féminin est basé sur les mêmes processus biologiques chez toutes les femmes au monde. Mais il est fortement tributaire des facteurs psychosomatiques comme le stress et les influences sociales telles que la lumière nocturne, les traitements médicaux, les styles de vie, l’alimentation et, finalement, l’hypothèque des années à pilule qui pèse sur lui. Aujourd’hui, les femmes qui ont débuté la pilule à 14 ans contre l’acné et qui, au bout de 10 à 20 ans, cessent la consommation des imposteurs endocriniens et les autres méthodes de contraception invasives en raison de leurs effets secondaires néfastes, éveillées aussi à une nouvelle conscience écologique. Elles tombent souvent de haut quand elles découvrent leurs cycles abîmés et leur fertilité réduite. Leurs corps malmenés présentent beaucoup plus difficultés au cours de l’apprentissage de la méthode. Autre phénomène nouveau par rapport à l’époque de HV : les jeunes couples ne vivent pas nécessairement au même endroit ; ils voyagent pour leur travail, pour leurs études et les femmes repoussent la conception de leur premier enfant dans leur trentaine en raison de leurs études et leur carrière professionnelle. Cette réalité bien répandue, bonne ou mauvaise, doit être prise en compte pour le travail pastoral, abordé ci-dessous (point B. 3).

Les trois étapes pour faire connaître la symptothermie, solutions (B)
Tous ces aléas de la vie moderne compliquent considérablement la tâche d’établir un tutoriel général acceptable, tenant la route et qui peut assurer un haut degré de scientificité de la méthode. Avant d’enseigner une telle méthode, nous devons – d’abord – mettre entre parenthèse les raisons théologiques de HV, impliquant l’Église catholique, pour pouvoir proposer une approche didactique d’observation neutre, basée sur la biologie et la psychologie. Dans un deuxième temps, au terme de cette dissociation entre le spirituel et le biologique, une fois que nous aurons cette méthode générale et unifiée sous la main, nous pourrons mieux comprendre comment les observations du cycle et les nouvelles dimensions relationnelles au sein du couple incitent celui-ci à une éthique qui pourra être réunie et réconciliée dans et par une approche catholique. En d’autres termes : il y a des raisons anthropologiques qui justifient la séparation entre la théologie du couple et la phénoménologie de la perception des observatrices ; il y aura encore des raisons anthropologiques, éthiques et spirituelles pour réunir ces deux dimensions. C’est seulement dans le va-et-vient d’un tel équilibre réflexif entre l’éthique et la pratique, entre les lois universelles en société et les lois biologiques essentielles, expliqué plus loin, que l’Église pourra diffuser ouvertement et joyeusement la meilleure symptothermie.
À la lumière de ce qui précède, l’Office pontifical de la symptothermie encore inexistant ou son équivalent non-catholique pourrait faire connaître la symptothermie à travers le monde moyennant les trois étapes successives :
1) Amélioration de la méthode : La toute première étape, déjà mentionnée, est de suivre la recommandation de HV : améliorer la meilleure méthode symptothermique présente, pour la rendre plus conviviale pour tout le monde, sur Internet et les applications téléphoniques. C’est ce que la Fondation Symptotherm (sans aide extérieure) a accompli depuis 2006 avec la première application mondiale portant sur le cycle féminin sur les téléphones, améliorée en 2008 sur sympto.org. Essayez-la et dites-moi qui a raison. Selon l’étude américaine indépendante FACTS de 2016, sympto est numéro un des applications symptothermiques. Qu’en est-il des méthodes non-symptothermiques ? Devrions-nous les éviter ? sympto a trouvé un moyen d’inclure des méthodes basées sur la température seule ou sur la méthode Billings : cependant, elles sont moins efficaces mais peuvent être pratiquées par les débutantes, les adolescentes sexuellement inactives et même par les expertes (qui veulent et peuvent simplifier leurs observations en connaissance de cause), sympto.org les intègre tous dans une synthèse originale. En d’autres termes : vous n’avez plus besoin d’une méthode genre Billings ou genre températures indépendante (redevenue à la mode). Vous n’avez pas non plus besoin de choisir entre différentes méthodes symptothermiques ! Vous avez juste besoin d’une seule méthode, la bonne. Elle existe.
Qu’en est-il des méthodes qui combinent les observations de température avec des outils qui fournissent des résultats par rapport à l’hormone LH (Université Marquette) ? Certes, cette tentative marque une tendance positive vers la modernisation par rapport aux méthodes démodées. Moderniser une méthode ne signifie pas pour autant la compléter par la consommation de produits médicaux tels que les tests LH que les femmes doivent payer chaque mois, des produits sur lesquels elles comptent aveuglément, qui les rendent dépendantes. Ce genre de produits ne mène pas à une véritable autonomie. L’authentique modernisation au contraire se trouve dans le développement de tutoriels et de dispositifs pédagogiques appropriés qui aident les femmes à apprendre, seules ou soutenues par une conseillère, à faire des observations compétentes et à devenir indépendantes des produits médicaux. En régulation naturelle des naissances, les femmes ne doivent pas se laisser duper et infantiliser par des outils-produits qui se consomment aveuglément, sous prétexte de simplifier une méthode ; elles ont au contraire droit à un développement personnel et à un apprentissage visant une compétence de leur observation du corps, observation qui, selon les cas, peut s’avérer plus ou moins exigeante. Il est certainement plus facile de consommer que d’apprendre, le piège étant qu’aucune méthode naturelle fiable ne pourra se consommer, elle devra toujours s’acquérir dans une démarche de responsabilité.
Pour prendre un exemple : il existe des moyens didactiques sur sympto pour faciliter la détermination du fameux Jour Sommet, JS, qui permet de conclure à une ovulation probable. Les femmes en revanche qui comptent sur un produit médical pour résoudre cette difficulté, n’apprendront jamais correctement à identifier leur élixir de vie (glaires cervicales). Les fausses béquilles médicales qui entravant l’observation directe ainsi que l’autonomie véritable sont à éviter. L’observation immédiate par le regard et le ressenti corporel sont foncièrement suffisants, même indispensable pour acquérir cette autonomie. Dans un tel dispositif d’apprentissage et de gestion, vous inclurez toutes sortes de tutoriels, comme ceux proposés par le didacticiel électronique qu’est sympto. Enfin, un constructeur honnête ne gardera pas secret le nombre minimal de données requises pour arriver à une efficacité optimale, données qui doivent être définies clairement dans la description du didacticiel et son manuel d’apprentissage. Le programme/didacticiel, expliqué dans ce manuel, est censé aider à établir les bonnes observations et à identifier les observations peu ou pas fiables. En conséquence, les erreurs d’observation manifestes ne devraient pas échapper à une conseillère ou une experte. Il n’empêche que, bien entendu, chaque femme peut introduire de fausses observations et déjouer le programme !
Il existe une vieille entente entre les organisations des « méthodes naturelles ». Toutes proscrivent les méthodes de calendrier aléatoires et pourtant, ces méthodes connaissent une triste renaissance promue même par l’OMS en Afrique ! S’y ajoutent des centaines de fausses applications du cycle féminin, basées pour la plupart sur une sorte de méthode du calendrier, qui prétendent révéler « la magie de la technologie » (Glow) pour « prédire » le jour d’ovulation. Le terme de « prédiction » est omniprésent dans ces applications. Ces « prédictions » augmentent la confusion et la désinformation déjà désastreuse chez les femmes ; elles sont aujourd’hui le plus grand défi empêchant la percée des méthodes sérieuses. Cette pollution en fausses applications est un obstacle majeur pour les femmes à la recherche d’une alternative naturelle fiable.
Les standards symptothermiques exigent certains éléments essentiels tels que le jour Döring-Rötzer qui permet de faire le double contrôle au début de la fenêtre fertile. De même, le double contrôle pour fermer la fenêtre de fertilité fait partie des éléments incontournables. A cela s’ajoute l’identification du Jour Sommet (JS) combinée avec une montée des températures correcte. Le chercheur qui veut prendre à son compte l’étude de référence allemande de 2007, la meilleure étude dans ce domaine, doit avoir intégré dans son système toutes les subtilités de la méthode allemande sensiplan ! Autrement il n’a aucune légitimité de se prévaloir de cette référence.
2) Aspect communication. Une fois que vous disposerez d’une méthode conviviale, efficace et scientifique de même que d’un réseau de conseillères compétentes et bien formées, vous pouvez et devez promouvoir ce que nous appelons l’Évangile du corps. La mission est une tâche principale pour tout chrétien : la symptothermie peut devenir une mission pour le Christ. Quant au cycle féminin, sa connaissance appartient à toutes et à tous. C’est exactement la même démarche que nous, avec sympto, faisons dans le sillage de Saint Paul quand il a quitté les communautés juives pour s’adresser aux Gentils, leur annoncer l’Évangile et éviter que la bonne nouvelle reste un secret réservé aux Juifs. Par extension et analogie à l’exemple de Paul, les connaissances symptothermiques diffusées dans le monde entier par l’Église rajeuniront durablement ses structures, rehausseront son image et interpelleront les jeunes générations dans leur manière de gérer leur vie sexuelle et affective.
Il ne peut y avoir des motifs éthiques ou religieux pour refuser ou cacher cette connaissance : par conséquent, l’annonce de l’Évangile du corps sera la voie royale pour préparer l’annonce de l’Évangile du Christ dans le futur. Par le passé et encore aujourd’hui, il subsiste une erreur fatale à ce sujet : certains représentants de l’Église ont demandé de manière indirecte et sournoise que « les méthodes naturelles » ne soient pas trop efficaces, craignant la montée d’une « mentalité contraceptive » dans le couples. Autrement dit, ils suspectent que plus la méthode naturelle est fiable, moins les couples auront d’enfants. Cet argument est dépourvu de faits et de preuves. Sur sympto.org on peut montrer des chiffres qui prouvent le contraire : plus la méthode est fiable, plus le couple s’ouvre à la vie et aux enfants. Cette suspicion était par le passé la stratégie toute trouvée pour excuser les méthodes naturelles défaillantes et pour ne pas s’efforcer de développer de meilleures méthodes. Autrement dit, le manque de bonnes méthodes était dédouané par la crainte que les couples catholiques n’aient plus assez d’enfants. Cette stratégie est clairement en désaccord avec HV, qui ne mentionne nulle part la « mentalité contraceptive » suscitée soi-disant par des méthodes « trop efficaces ».
3) Aspect pastoral. Le niveau scientifique de la méthode symptothermique dépasse ses dimensions techniques. A cet égard, la vision aristotélicienne-chrétienne de la nature est pertinente : l’appréciation des merveilles de la nature implique des engagements éthiques de protection et de respect. sympto, au départ, est un outil pour les femmes et les couples et, comme tout outil, il peut être utilisé à mauvais escient. Mais une fois que le respect pour cet outil s’est affirmé, favorisant chez les couples une nouvelle conscience, une fois que les couples adoptent et intègrent pleinement cet outil et cette connaissance dans leur vie, l’aspect éthique et spirituel se révèle par lui-même. La spiritualité ne doit pas être chrétienne ! En revanche l’outil crée une plate-forme où toutes les religions et éthiques peuvent se retrouver pour apprendre les bases de la fertilité humaine.
En tant que contraceptif au sens de la HV, le préservatif est avant tout un produit médical qui, comme d’autres béquilles médicales, nous l’avons vu plus haut, n’est pas nécessaire pour pratiquer la méthode de report de la grossesse. Le thermomètre est certes un produit médical aussi, je le reconnais, mais il est d’abord et principalement utilisé à d’autres fins et pas spécialement pour la régulation de la conception. Ensuite, la manière dont les températures sont répertoriées dans la symptothermie implique la capacité des femmes à apprendre à distinguer les bonnes températures des températures perturbées. Les applications basées exclusivement sur la température telles que Natural Cycle, qui demande quotidiennement aux femmes d’entrer leur température quelle que soit l’agitation éventuelle de la nuit passée, pervertissent les prises de température symptothermiques conscientes en une consommation aveugle d’un produit médical. Dans le concept du produit médical, les températures perturbées sont censées être lissées statistiquement (« automatiquement ») par des algorithmes secrets ; elles ne sont plus contrôlées de manière autonome par l’utilisatrice, comme l’exige la symptothermie, qui, à terme, doit toujours interroger les résultats et mettre entre parenthèses les températures perturbées du passé (et seulement du passé) !
D’un point de vue pastoral, prêcher contre le préservatif est contre-productif bien que le préservatif soit clairement une sorte de contraception et non un moyen de régulation de la conception. Pourquoi ? Avant que les couples puissent pleinement intégrer la symptothermie, ils doivent l’essayer. Et avant qu’ils puissent essayer, ils doivent en être informés correctement. Dans la plupart des cas, vous devez en premier les convaincre à décrocher de la pilule ou d’une autre contraception perturbatrice. Une fois, au bout peut-être de longs mois d’hésitations et de combat intérieur, que la confiance sera de retour, pourra naître une nouvelle conscience de la fertilité et les couples s’approprient la symptothermie et sont prêts à l’adopter pour de bon. A ce stade, le couple a) s’ouvrira à la vie et b) diminuera l’utilisation du préservatif. D’un point de vue anthropologique, il est absurde « d’interdire » le préservatif, car les hommes ne l’aiment pas et espèrent s’en débarrasser au plus vite. L’Église accepte l’utilisation du préservatif pour les toxicomanes et protège les prostituées contre les MST, donc pour toutes sortes de IST (Licht der Welt, Pape Benoît XVI, p.146, Herder) : pourquoi ne pas manifester de la miséricorde et la tolérance pendant la transition, une mesure provisoire et passagère à l’égard des couples vulnérables qui apprennent la symptothermie ? Dans ce domaine, HV n’a pas développé une approche pastorale idoine et a conservé une sorte de discours rappelant Vatican I, qui consiste à établir et à imposer des règles avant de fournir des outils permettant d’appliquer et d’intérioriser ces règles. HV doit être complétée par des mesures préventives concrètes contre la pornographie et la sexualité précoces des adolescents.

Conclusions
Ce n’est pas HV qui a totalement échoué mais les personnes qui devaient la mettre en pratique. La désorientation sexuelle a considérablement augmenté chez les jeunes hommes et femmes. La presse catholique a encore honte de discuter ouvertement et régulièrement des méthodes symptothermiques. Il y a certainement un excellent travail fait par l’éducation sexuelle catholique, la plupart de la littérature est exemplaire mais aucune mesure de prévention à grande échelle n’a été testée par la transmission d’une symptothermie appropriée. En particulier à notre époque où sévit la désorientation sexuelle et l’abus sexuel, le côté préventif de la symptothermie contre la consommation de pornographie ne pourra être assez souligné. Ce constat est triste, car l’Église était la première, et à l’exception de certains mouvements orthodoxes, la seule spiritualité au monde qui a montré un réel intérêt à comprendre le cycle féminin et à rendre hommage au corps féminin. Vous ne trouverez cette préoccupation dans aucune autre religion ! Protestants et évangéliques : ils n’ont jamais essayé de comprendre la fertilité humaine et son importance vitale pour le couple et la société.
Comment l’Église peut-elle désormais promouvoir la meilleure méthode ? Espérons qu’en acquérant ce savoir-faire, les nouveaux spécialistes dans les bureaux du Conseil Pontifical de la Famille pourront faire sortir la symptothermie de son exil. Mais dans ce cas, les non-catholiques qui sont très intransigeants et critiques envers les messages envoyés par le Vatican, pourront bouder la démarche. La solution actuelle la plus prometteuse serait que l’Église aide ou mandate une ONG / Fondation neutre du point de vue religieux à poursuivre cet objectif. L’aspect préventif de ce travail n’apparaîtra que d’autant plus crédible lorsqu’il sera diffusé par une telle organisation.

Harri Wettstein
M.A. philosophie Heidelberg et MBA Lausanne, a obtenu son doctorat Habilitation en 1995 à l’université de Lausanne en théologie catholique et en sciences sociales sur l’éthique en fin de vie. Son Leben- und Sterbekönnen a été édité trois fois et a eu un impact concret sur les nouvelles lois de fin de vie dans l’État de Vaud et en Suisse. En 1999, à l’âge de 49 ans, il rencontre Christine Bourgeois qui lui fait découvrir la méthode symptothermique de Rötzer et avec qui il crée le premier système d’observation du cycle, le manuel complet ainsi que les applications sympto. Il a également écrit un livre décisif sur la sexualité Sandra et Timmy raconté aux jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, en version allemande : Geheimcode des Körpers: Eine Aufklärung wider gesellschaftliche Sexlügen. Il regrette que la connaissance symptothermique ne fût pas accessible pour lui en tant qu’étudiant ! Il publie aussi en français, entre autres Le jeûne pour la vie : un guide pour le jeûne chrétien de longue durée (1999, St. Augustin, réédité sur Kindle 2014). Il est le fondateur du réseau du groupe de jeûne romand qui pendant une semaine durant le carême dans les congrégations catholiques et protestantes. Issu de milieux protestants, il s’est officiellement converti au catholicisme.

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